trotter - posté le 29/08/2018 à 19:30:20. (10979 messages postés) -
C'est prometteur visuellement (mise en scène, artistiquement, techniquement, etc) mais je sais pas...
Côté RPG, le système de choix de dialogue est un peu bizarre, parfois un choix correspond pas du tout à ce qu'elle dit, puis les choix des dialogues ont l'air un peu courts.
Côté gunfight, c'est MOU, on tire sur des ennemis qui ont la diarrhée derrière des caisses. Ils pourraient contourner ou lancer des grenades.
Ca a l'air ultra linéaire mais bon c'est une vidéo alors je sais pas..
Et puis plus grave ils savent toujours pas faire des jupes moulantes sur les personnages en 2018, fait chier quoi : (
trotter - posté le 23/08/2018 à 21:52:36. (10979 messages postés) -
On pourrait défendre Nemau en disant que "une espace" ça désigne la pièce en métal pour séparer les caractères :
Citation:
XVIIe siècle. Emploi spécialisé d'espace I. TYPOGR. Petite pièce de métal, de largeur et d'épaisseur variables, qui sert à séparer les mots. Espace fine, forte. Mettre une espace plus épaisse pour justifier la ligne.
trotter - posté le 22/08/2018 à 13:44:01. (10979 messages postés) -
Ca veut dire quoi "être un faible" ? Pour moi c'est vachement contextuel.
Par exemple Bob pourra roter et péter en riant quand il est invité chez sa sœur mais n'osera jamais le faire lors d'un repas avec ses supérieurs hiérarchiques au risque de limiter ses opportunités professionnelles.
Edit suite à ton edit :
Citation:
Il y a donc pour chaque cas l'équation : Fa - (Fb + Fc ...))*I
Fa c'est la force de caractère du protagoniste, Fb c'est celle de ceux qui subissent l'action. I C'est l'intensité de l'action (ne pas sourire à poignarder).
Si on prend l'exemple du repas d'affaire, ce n'est plus vraiment la force de caractère mais l'équation peut marcher quand même... Il faudrait dire que F serait la "capacité de nuisance", ou le pouvoir que les autres peuvent exercer sur nous.
Donc pour toi Bob ne devrait réfréner ses besoins que lorsqu'en face il a plus puissant que lui...?
trotter - posté le 17/08/2018 à 18:46:09. (10979 messages postés) -
Ca s'est barré en couille dès l'Empire Contre Attaque Star Wars j'ai l'impression.
Le film est cool mais que Luke/Leia/Vader fasse partie de la même famille (ce qui n'était pas prévu lors du 1) rend le scénar bancal.
trotter - posté le 17/08/2018 à 01:13:38. (10979 messages postés) -
esziaprez game a dit:
Salut,
Vous m'avez tous permis de découvrir des tas de jeux sympa et au concept totalement fou.
Mais souvent je perd les noms et je voudrais savoir si vous pouvez m'en rappeler certains ou m'en dire des nouveaux.
Par exemple je me souviens d'un sur la discrimination avec des rond de couleurs...
un autre avec un panneau et des persos qui réagissent à ce qui est affiché.
Je cherche surtout des trucs avec des concepts un peu psycho philo sociologique. Ou des serious game.
trotter - posté le 14/08/2018 à 15:08:47. (10979 messages postés) -
OTTO fait une pub avec un même d'internet dans l'espoir qu'elle soit relayée par les internautes mais faudrait être un débile pour tomber dans le panneau :
trotter - posté le 13/08/2018 à 23:00:56. (10979 messages postés) -
Citation:
Je crois que ça vous fait profondément suer de devoir arrêter de manger de la viande
Tu manges quoi dans ta semaine Nemau ?
Peut être que des bonnes recettes pourront aider à la transition, sans partir dans les aliments exotiques introuvables de certain blogs.
Trotter - posté le 05/08/2018 à 11:07:55. (10979 messages postés) -
Si c'est pour l'actualisation ils te demandent combien tu as touché le mois dernier. Tu regardes combien on t'a viré sur ton compte et tu tapes ça sur un site de conversion pour trouver le brut du mois dernier.
trotter - posté le 27/07/2018 à 01:22:42. (10979 messages postés) -
Le gars désamorce tout dans son interview au monde.
Il dit qu'il n'a pas tabassé ces personnes mais les a maitrisé sans violence. Que c'est la police qui lui a fourni l'équipement. Qu'il n'a jamais donné d'ordres aux flics. Que les témoins ont menti devant la commission. Que c'est un complot car il gène certaines personnes.
trotter - posté le 26/07/2018 à 18:37:34. (10979 messages postés) -
Yo, ça fait longtemps, ça va et toi.
Pour fêter le retour de Ddken, je mets cette BD de Daredevil où il est confronté aux personnes qu'il a tuées :
Ce sont tes morts, Matt. Il n'y en a pas eu beaucoup, mais un seul est déjà trop.
Tu les voyais comme des ordures inutiles qui méritaient leur sort. Mais un homme n'est pas juste une chose. Aucune vie ne peut être réduite à une étiquette. Chaque criminel anonyme que tu as tabassé dans une allée avait des amis... une famille.
Et, crois-le ou non, même les plus endurcis d'entre eux étaient capables d'actes décents et bons.
Citation:
Ne mélangeons pas tout : le débat porte sur le fait de continuer d'apprécier quelqu'un malgré un défaut donné/un acte négatif donné. Et non sur le non respect de la présomption d'innocence.
Et j'espère bien que si Michael Jackson avait été reconnu coupable tu aurais arrêté d'apprécier l'individu.
Ou alors quoi, avoir une morale c'est trop "has been" ? Ça fait trop "SJW" ? Trop "bobo bien-pensant" ?
Si un mec a tué ou violé, c'est pas pour autant que sa vie doit être finie et qu'il ne mérite plus jamais d'être aimé par quelqu'un, si ?
Comme tu le disais (et cf la BD plus haut), les gens ne sont pas tout blancs ou tout noir. Un acte ne définit pas sa vie.
Ensuite, c'est très, très rapide de basculer de l'autre côté. Une incompréhension. Une colère mal retenue. Une réalité déformée. Le fameux déterminisme dont tu parles souvent.
Enfin... Quand même... Ne plus jamais mériter d'être aimé par quelqu'un, c'est quand même cruel...
Pour parler de ces femmes qui aimeraient des criminels : je suis pas sûr que l'amour soit une émotion facile à contrôler. C'est dur de reprocher à quelqu'un ce qu'il ne contrôle pas.
trotter - posté le 26/07/2018 à 12:22:29. (10979 messages postés) -
Nemau a dit:
Citation:
Déjà, pour ce qui en est de mon appréciation du personnage, je n'en ai rien à cirer.
Donc tu peux apprécier quelqu'un même si c'est un voleur ? Non mais sérieusement...
Pourtant tu disais dans le topic des débilités : "un peu de déterminisme les gars, on ne vit pas dans un monde fait de "gentils" et de "méchants"", c'était moins binaire.
trotter - posté le 24/07/2018 à 16:11:17. (10979 messages postés) -
Pour résumer, les reproches qu'on lui fait :
-aurait un grand appart de fonction où 180.000e de travaux auraient été engagés.
-aurait eu une belle voiture de fonction.
-aurait un pass pour entrer à l'assemblée nationale.
-aurait conseillé à Macron de prendre comme garde du corps un copain de Jawad le fameux logeur.
-aurait usé de violence sur deux manifestants qui n'étaient que "des badauds" innocents (voir plus bas).
-aurait été suspendu quelques semaines suite à ça, mais pas trop (mais en fait si).
-aurait eu un brassard/talkie walkie de police (alors qu'il serait réserviste sans être en service à ce moment là).
-aurait donné des ordres à la police.
-serait habilité secret défense.
-avait les clefs de l'appart privé de Macron.
Dans quelques années, on pourra demander à son ordinateur de générer des films :
"Ordinateur, je voudrais un film d'action avec Bruce Lee qui se bat contre JCVD sur des voitures volantes".
trotter - posté le 23/07/2018 à 19:37:17. (10979 messages postés) -
Nouveau trailer pour Gunnm, adaptation d'un manga filosofik pour ados avec une héroïne bien foutue à la bouche pulpeuse qui se bat habillée en cuir moulant :
C'est visuellement dégueulasse, quelques images pour se remettre bien :
trotter - posté le 18/07/2018 à 23:15:26. (10979 messages postés) -
Alors, pour la question 2, mettons qu'un mec te dise :
<<Mec ! Pour sauver l'environnement, deviens vegan ET SURTOUT à chaque fois que tu parles, fais le sur un rythme de rap ! Attention, faut le faire A. CHAQUE. FOIS. ! >>
C'est une nouvelle mode, ça s'appelle le vegangstarap.
Ca me semble pertinent de se poser la question "tiens, si j'arrêtais de parler sur un rythme de rap en permanence et si j'étais juste vegan ?".
*Ce qui se poserait probablement en ces termes : Yo man, dans mon quartier dit défavorisé
Je rappe pour que la nature soit valorisée
Mais en vérité, est-ce vraiment très utile
Pour sauver la nature, d'être volubile
A-t-elle vraiment besoin de mon organe
Ou bien suffirait-il juste d'être vegan ?!
(Refrain) ♬Vegangstarap♫ Vegangstarap
Pour les fleurs, les zoizaux, moi, je jappe
J'fais comme si j'avais grandi à Trappes♪
En gros, y a-t-il besoin de suivre totalement les principes vegan pour faire autant de bien à l'environnement ?
trotter - posté le 18/07/2018 à 22:42:18. (10979 messages postés) -
Ok, alors :
->Toutes choses égales par ailleurs, en supposant un consommateur moyen, s'il devenait un consommateur vegan moyen, il ferait du bien à l'environnement.
->Il existe d'autres façons plus efficace de faire du bien à l'environnement (par exemple, se suicider, ou, moins glauque, ne pas faire d'enfant).
"bien à l'environnement"=bilan carbone, sauvegarde de la biodiversité, que sais-je.
Questions qui me semble intéressantes :
1. Existe-t-il quelque chose de spécifique, que l'on pourrait isoler, dans le mode de vie du supposé consommateur vegan moyen, qui fait du bien à l'environnement ?
2. Existe-t-il des choses inutiles dans le mode de vie du supposé consommateur vegan moyen pour faire du bien à l'environnement ?
trotter - posté le 18/07/2018 à 20:46:21. (10979 messages postés) -
Roi of the Suisse a dit:
Par contre, concernant l'environnement et la santé, il faut se lever tôt pour montrer que le véganisme n'a pas un impact positif
Le contre argument est donné par le mec de la ferme autonome : il mange les oeufs de ses poules mais est pourtant bien plus écologique qu'un vegan qui mangerait du Soja importé de Chine.
Bref dire "le veganisme est écologique" est peut être un raccourci ?
Le raccourci serait : vegan=chances + importantes de ne pas participer à l'exploitation industrielle des animaux DONC bon pour l'environnement.
Je crois que c'est un sophisme mais je ne trouve plus lequel.
Tiens, ce serait peut être le même genre de sophisme que de dire :
-Chaque fois que je laisse passer des gens au passage piéton en voiture, ils me sont reconnaissants, donc prendre la voiture rend les gens reconnaissants.
-Quand je regarde la télé, je respire ce qui me rend vivant, donc regarder la télé me permet de rester en vie.
-Quand je suis vegan, je consomme moins de produits de l'élevage industriel ce qui est bon pour l'environnement, donc être vegan est bon pour l'environnement.
trotter - posté le 16/07/2018 à 21:27:29. (10979 messages postés) -
Sonic & All-Stars Racing Transformed
On a allumé le jeu pour tester vite fait s'il marchait bien sur le vieux portable et l'ambiance était tellement cool qu'on a pas pu s'empêcher d'y jouer.
Graphismes magnifiques, tourne bien sur les petites configs (il a 5 ans en même temps), assez technique, super fun, circuits excellents qui changent légèrement à chaque tour avec plein d'embranchements.
Jeu lisible, clair, facile à prendre en main pour les débutants (sauf les avions ! heureusement ya des circuits sans transformation en avion).
Les armes sont bien pensés aussi, et ya des modes de jeu variés (combat, zigzaguer dans le traffic...).
trotter - posté le 16/07/2018 à 20:49:28. (10979 messages postés) -
Furyo, "Merry Christmas, Mr. Lawrence" en anglais :
Sur l'ile de Java, dans un camp japonais, une tranche de vie d'un groupe de prisonniers alliés, plus spécifiquement celles du chef du camp, Kitano interprété merveilleuse par Kitano, David Bowie et un anglais qui parle japonais.
Un film magnifique, très intense, lent mais poignant, sur la culture de la honte chez les japonais, sur l'homosexualité, sur la culpabilité, sur la rencontre des cultures, sur la guerre et les hommes en général.
On en sort changé.
La musique est célèbre et entêtante :
J'ai trouvé ça moyen, histoire convenue, personnages qui évoluent pas vraiment, humour qui marche pas très bien.
Pas l'impression de voir un film mais juste un épisode d'une série animée.
Par contre j'ai beaucoup aimé les scènes d'action.
Rien compris du tout au court métrage d'avant film mais ça m'a pas empêché de verser ma larme.
trotter - posté le 15/07/2018 à 14:54:54. (10979 messages postés) -
Ca a été inspiré par le thème de la semaine + du Philip K.Dick + une copine qui a eu l'idée des sondes.
Citation:
I. Un sixième sens réveilla Richard avant que sa femme n'écrase par erreur la Sonde qu'il avait négligemment laissé tomber par terre hier soir.
"Attention à la Sonde !", lui cria-t-il.
-Tu n'as pas dormi avec, hier soir ?", répondit-elle vaguement inquiète. "Tu as réussi à dormir quand même ?"
Un peu déboussolé, il ne prit pas la peine de répondre tout de suite. Son premier geste fut d'allumer puis de brancher la Sonde sur son bras droit. Elle émit un petit ronronnement rassurant.
"J'étais trop crevé.", lui dit-il avec un regard amoureux. L'écran, à son bras, brillait : rose.
Puis rose-rouge. Il se leva, vaguement énervé, et se commença à s'habiller. Sa femme était à la cuisine, juste en face, en train de faire chauffer de l'eau.
"Tu as une réunion ce matin c'est ça chéri ?, lui lança-t-elle.
-Oui, je prendrais le café au boulot. Ne t'embête pas."
Si tôt le matin, le train n'était pas complètement plein et Richard put ainsi se trouver une place à côté d'un gros type chauve en costume. Bizarrement, son aspect bonhomme, inoffensif, presque maternel le rassura. Il réussit à dormir un peu sur le trajet.
A son arrivée, le soleil était levé. Les rues luisaient de la pluie nocturne. En passant devant le bâtiment, il vit par la fenêtre que l'accueil était déjà pris d'assaut et remercia le ciel de ne pas être aux guichets cette semaine. Il passa par la porte de derrière.
Etant arrivé plus tôt que d'habitude, le quart d'heure d'attente réglementaire dans le sas se fit avec des collègues qu'il ne connaissait pas. Sa sonde était bleue au moins depuis qu'il avait quitté la gare. Autour de lui, quelques autres bleus, beaucoup de verts, au moins autant de violets. Forcé de patienter, Richard en profita pour prendre un café.
On le laissa enfin passer. Au fil de la matinée, alors que la réunion approchait, sa Sonde passa elle aussi au violet. Il avait besoin de détermination pour mener la séance. Il allait devoir se montrer ferme sur certaines demandes de l'équipe d'approvisionnement. Et il était indispensable d'obtenir une réponse de l'intégration ! Après tout, le lancement était pour demain !
Son chef passa la tête dans son bureau pour lui dire bonjour.
"Jolie couleur, Richard !"
Le violet était pétant.
II. En fin d'après midi, Richard était à genoux la tête à quelques centimètres de la faïence blanche des toilettes du centre, essayant de faire tomber les longs fils gluants et acides coincés dans sa gorge. Approcher la cuvette froide et un peu jaunâtre l'avait révulsée au début, mais maintenant il avait la tête et les coudes posés dessus. Il resta dans cette position inconfortables quelques minutes, jusqu'à ce que son corps se plaigne de ses articulations douloureuses, du carrelage dur, de l'odeur diffuse d'urine, du goût âcre dans sa bouche et sa gorge évoquant une pile électrique fondue.
Face au miroir, il se rassura. Rien ne se remarquait sur son visage. Il avait réussi son pilotage opérationnel. Des ordres avaient été donnés, des avertissements passés. Il se sentait important. La Sonde était toujours violette, mais tendait un peu vers le marron. Il ne la lâcha pas des yeux. Plus il la regardait, plus elle devenait marron, plus il se sentait malade, plus il la regardait, plus il se sentait malade... Il détacha le câble, tirant l'aiguille hors de son bras. Bravo. Elle se mit à siffler, très fort et très aigu tout d'abord, puis de plus en plus grave et étouffé, comme une baudruche qui se dégonfle. Il se sentit mieux. Même en sachant c'était certainement purement psychologique. Il sortit, marcha en s'appuyant de temps à autre sur les murs comme une personne ivre, déambulant au hasard dans le bâtiment, sans risque de se perdre car les couloirs faisaient un cercle complet. Il ne croisa personne. La plupart des bureaux étaient fermés, mais il pouvait voir du monde derrière certaines portes entrouvertes. Il arriva finalement au bureau de son chef, renversé dans son fauteuil, un sourire béat aux lèvres. Sur son bras, du jaune. Du jaune vif.
Richard se tenait à moitié caché dans l'encadrure de la porte, posé contre le mur du couloir, de telle sorte que son chef ne puisse pas voir sa propre Sonde éteinte.
"Je m'en vais", lui lança-t-il simplement. Son interlocuteur releva la tête, ses yeux essayèrent quelques instants de trouver le bras droit de Richard avant d'abandonner : peu importe sa couleur, après tout, Richard allait partir.
"Bon boulot Richard, je suis passé tout à l'heure et c'était du bon boulot ! Continue comme ça et c'est la promotion Richard !"
Il répondit d'un petit sourire et s'en alla.
Ce ne fut qu'une fois arrivé à la gare qu'il se rendit compte qu'il n'avait pas rebranché sa Sonde. Avec un écran noir, il n'avait absolument aucune chance d'entrer... Dès que l'aiguille fut réinsérée dans sa peau se matérialisa une couleur bleu marron qu'il tenta d'ignorer. Peu importait. Et la couleur le rendait malade. Autant regarder une autre couleur. Il trouva son bonheur dans la foule, une jolie fille arborant une belle couleur rose, et adapta sa marche pour la suivre à courte distance. Ca le requinqua. Malheureusement, elle ne prenait pas le même train.
Cette fois-ci, il ne put pas s'asseoir jusqu'à chez lui.
Dans son petit appartement, le gaz ne fonctionnait pas. Il n'avait rien à préparer au micro-onde et se maudit lui-même car il était justement passé au magasin avant de rentrer et aurait pu ramener quelque chose à manger. Sous la lumière du soir qui filtrait par la petite fenêtre de la cuisine, de la poussière en suspension rendait l'air poisseux et lui donnait l'impression d'étouffer. Par dénuement, il décida de faire tremper des pâtes dans de l'eau froide.
En attendant qu'elles ramollissent, il se traina jusqu'à son canapé et se tortilla pour sortir de son pantalon une petite boite dans un emballage plastique. Il en sorti une capsule qu'il inséra dans sa Sonde. Une capsule rose.
Sa femme rentra, les bras chargés de courses. Il resta couché sur le canapé. Elle le déchaussa, le déshabilla. Il se laissa faire comme un bébé. Il eut même droit à un massage avant le repas. Quelle extase ! C'était de bonnes pâtes à l'eau froide.
III. Quand Richard se réveilla le lendemain, il remarqua que la Sonde s'était débranchée pendant la nuit, ce qui l'inquiéta vaguement car c'était la deuxième fois de suite. Au moins, cette fois, sa femme n'était pas là.
Parce qu'elle n'avait pas pu le réveiller, il était très en retard. Il la rebrancha sans réfléchir, pris le train et arriva dans le sas du centre. Aujourd'hui non plus, n'étant pas dans ses horaires habituels, il ne reconnaissait personne. Une femme lui fit une réflexion désagréable, qui lui passa par dessus la tête. Elle insista un peu et alerta la sécurité.
C'était une première, pour lui. Jusque là, il n'avait jamais été retenu dans le sas. Deux agents le poussèrent dans un réseau de couloir qui était une copie conforme de son étage à la différence près que les murs et le sol étaient en béton, sans revêtement. Il connaissait un peu l'un des deux type, le plus âgé. Un gars assez sympa. Très pragmatique. Parfois, ils prenaient un café ensemble. Richard était à la fois soulagé de tomber sur lui et honteux car il savait qu'il risquait de le recroiser au café plus tard.
Le trajet jusqu'à leur bureau paru interminable. Les deux gars soutenaient Richard par les bras et lui imposaient une allure soutenue. Il imagina se coller contre les cloisons, se faire râper par les vigiles contre les murs de pierre, laissant derrière lui des lambeaux de peaux rose pour retrouver son chemin s'il devait s'échapper. Sans intérêt. Il l'emmenèrent dans un petit bureau.
"Pourquoi t'étais rose comme ça Richard ?, lui demanda l'agent qu'il connaissait vaguement en s'asseyant face à lui.
-Les restes de la veille. J'ai capsulé hier soir et elle s'est débranchée pendant la nuit."
La sonde de son interlocuteur était verte très foncée. Difficile à lire. Celle de son jeune collègue, debout contre la porte, était violette. Très sérieux, très impliqué. Il ne perdait pas une miette de l'interrogatoire, lui.
"C'est la première fois non ?
-Oui."
L'homme vérifia dans ses fichiers, ce qui rassura curieusement Richard. Ainsi, il verrait que c'est la vérité. Il ferma le dossier et lui posa une colle :
"Tu es quoi, là ? Sans regarder.
-Orange ?
-Pas loin. Tu as changé 3 ou 4 fois depuis que tu es arrivé ici.
-C'est la première fois que ça m'arrive... Je sais pas quoi penser.
-Tu clignotes comme une boîte de nuit. Franchement j'ai jamais vu ça. Tu penses que tu peux nous donner un beau vert ou un beau violet ?"
Richard hésita.
"Je ne te force pas. Personne n'a le droit de te forcer. Mais ici on attend du vert, du bleu, et on fait du violet voire du jaune. Certainement pas du rose.
-Je sais.
-Alors ?
-Je suis pas sûr."
Ils restèrent quelques minutes à se regarder.
"Tu veux rentrer chez toi ?
-J'ai un lancement aujourd'hui.
-C'est important ça un lancement ?" Il n'attendit pas de réponse, se pencha vers Richard. "Tu es presque rouge. Rentre chez toi, ça ira mieux demain. Ne m'oblige pas à te mettre dehors."
IV
Rouge. Ce n'était pas une très bonne couleur à arborer en pleine rue. Richard ne comprenait même pas pourquoi il était rouge. Il se dirigeait vers la gare par habitude mais savait que c'était impossible de prendre le train avec cette couleur. Impossible d'entrer nulle part.
Il longea la voie ferrée, puis monta sur un pont piéton et resta quelques instant à regarder les voies. Il avait une vague envie de sauter à pieds joints sur un train pour l'écraser. Ridicule. Il descendit.
Un peu plus loin, la vieille rotonde désaffectée où étaient auparavant stockées les locomotives. Le portail complètement rouillé, prêt à tomber. Tout à coup, il donna un coup de pied furieux dans le métal, laissant ainsi exploser une rage qu'il ne savait même pas qu'il avait en lui.
Surpris, il jeta un oeil à sa Sonde : rouge vive. Il eu presque honte. C'était une couleur d'adolescent. Autant l'enlever, pensa-t-il. C'est un coup à se faire arrêter. Il porta sa main à son bras quand une pensée lui vint. Il avait toujours les capsules roses d'hier dans sa poche. Et une journée de libre, maintenant. Pourquoi pas les prendre ?
Mais où ?
Juste devant, le portail désormais entrouvert semblait l'inviter dans la rotonde. Les fleurs jaunes lui faisaient signe d'entrer en se balançant doucement. Là dedans, il serait tranquille.
Le coeur battant, Richard se glissa entre le portail et les mauvaises herbes. Il s'approcha du bâtiment et essaya une première porte, fermée. Fit demi-tour, pour passer par l'ancienne voie ferrée presque invisible sous la végétation. Une porte était ouverte donnant sur des ateliers oubliés. A l'intérieur, des débris divers, du papier toilette usagé, des vieux cartons, des bouteilles abandonnées... Evidemment, ça avait servi de squat. Il avança à l'intérieur avec prudence, dans un silence qui n'était troublé que par le craquement du verre sous ses pieds. Finalement, il tomba sur une pièce en meilleur état que les autres. On avait repeint la porte. Décoré les murs. Amené des chaises, disposées autour d'une vieille bobine en bois qui servait de table.
Il hésita à rentrer. La salle avait un certain côté sacré, comparée aux autres. La laissant derrière lui, il reprit son exploration. Rien de notable au delà. Il revint en arrière. Cette fois-ci, la pièce lui était devenue familière, même si ce n'était que la deuxième fois qu'il la voyait. Richard ferma la porte, pris une des chaises et la plaça contre un mur d'où il pourrait surveiller à la fois l'entrée et la fenêtre extérieure. Il ouvrit sa Sonde, éjecta la capsule usagée, qui roula dans la poussière. Pour la première fois, il remarqua les restes d'autres capsules près de la bobine. Il s'injecta une rose, pensant qu'il n'était pas le seul à venir capsuler ici.
Et justement, il entendit aussitôt quelqu'un qui approchait. Peu lui importait d'être seul ici maintenant, au contraire. Il serait heureux de le rencontrer. Pourquoi pas se poser sur la table avec lui. Boire un coup, manger un morceau, à la bonne franquette, comme dans son enfance.
Une main timide poussa la porte. Elle tenait justement une bouteille de vin. La personne portait également un sac d'où dépassait une baguette de pain.
"Richard ? Tu es là ?", demanda-t-elle en souriant doucement.
trotter - posté le 14/07/2018 à 14:11:52. (10979 messages postés) -
NanakyTim a dit:
Non, ce n'en est pas une. Beaucoup (dont l'académie française) arguent qu'il n'y a pas de raison d'écrire « y'a » avec une apostrophe; je dis le contraire pour une raison très claire qui se résume à :
Moi a dit:
En français, l'apostrophe est de mise lorsqu'il y a apocope (ex. : « je » devient « j' »), ce qui est le cas avec « il y a ». Le « y » de « y'a » n'est alors plus une préposition comme dans « il y a » mais devient sujet, au même titre que « j' » ou « t' ».
trotter - posté le 13/07/2018 à 19:11:35. (10979 messages postés) -
J'ai lâché au bout de 4 ou 5 épisodes, la chronologie dans le désordre, le rythme lent, la musique, les épisodes inutiles, les passages idiots, les mystères et non-dits qui s'accumulent...
J'avais adoré la 1 par contre.